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jeudi 1 décembre 2022

Une figure du Mont July nous raconte son histoire


Jacques Aroud, 96 ans,  nous offre cette biographie drôle et pleine de clins d'oeil sur sa vie de jeune homme à Ceyzériat durant la guerre, puis ses débuts dans la communication où il fera carrière. Et enfin ses rencontres avec des personnalités qui l'ont marqué.

Jacques Aroud est apparenté aux familles Cuinet, Gallard, Rollin qui ont vécu au Mont July

Ce livre est en vente au tabac de Ceyzériat.


jeudi 8 juillet 2021

Les élèves de CM2 récompensés pour leur travail


Ce lundi 5 juillet, les élèves de CM2 étaient rassemblés pour se voir remettre un prix pour leur travail sur la mémoire des anciens combattants de la Première guerre mondiale.

"Les petits artistes de la mémoire" se sont vus féliciter par Madame la Sous-préfète et le maire de Ceyzériat. Deux personnalités du Mont July étaient à l'honneur, André Rive et Antoine Lechères.

vendredi 20 novembre 2020

Histoire de la maison Albertin

Cette propriété également appelée château de Montaplan est très représentative des constructions de qualité qui émaillent le Montjuly. C’est en 1850 qu’une première maison a été construite et le parc aménagé. Fleuron du parc, la terrasse aux trois rangées de platanes et la belle allée cavalière plantées de tilleuls qui conduit à  un gracieux pavillon.

Il est intéressant de noter que ces deux éléments se retrouvent dans d’autres propriétés  du hameau. Grâce aux sentiers et chemins qui sillonnent le Montjuly, habitants et visiteurs peuvent apprécier ce type de plantations qui remontent à près de deux siècles.

En 1886 (date inscrite au fronton), la propriété est sérieusement agrandie par Louis Rollin, avocat à Bourg et mari de Camille Gallard, fille d’un riche propriétaire de plantations de canne à sucre en Martinique. Louis Rollin, un bressan, est un homme avisé, il connaît bien sa région et son passé viticole. En cette fin XIXe, la situation économique est difficile pour les vignerons qui ont subi les attaques successives de phylloxera dès 1864, l’activité viticole a été réduite et la main d’œuvre est sans travail. Aussi, Rollin voit-il là une opportunité. Les Gallard vont importer le jus de canne à sucre au Montjuly, non pas parce que l’esclavage a été aboli mais parce que le climat rend l’opération de distillation délicate sur place et qu’une partie du jus s’évapore en raison de la chaleur. L’arrivée du  « vin de canne » se fait donc dans les meilleures conditions. Un personnel actif travaille dans les caves de la propriété dans lesquelles subsistent encore quelques installations, futs et alambics. 

Une bonne partie de la production est aussitôt mise en bouteille, mais pour disposer de futs, il faut s’agrandir. Camille Gallard achète la propriété mitoyenne de la sienne (actuelle maison Aroud) et fait construire une belle galerie à colonnes, tout à fait dans le style des villas coloniales antillaises. Le rhum Gallard connaît un réel succès et bientôt deux autres bâtisses sont rachetées juste en face, une cave et une maison  (actuellement rue du Général Léchères). La production de rhum prend fin dans les années 30.

La maison est ensuite reprise par leur fille Jeanne qui épouse le colonel Cuinet. Une génération plus tard, leur fille Madeleine Cuinet épouse Robert Aroud ils lègueront à leur fille Mériem la propriété qui deviendra Albertin quand elle épouse Nick Albertin, petit-fils de Joseph Albertin, maire de Bourg-en-Bresse. Aujourd’hui la maison appartient à leurs cinq enfants en indivision.







La terrasse de platanes









l'allée de tilleuls.

mardi 10 novembre 2020

Les panneaux de rue à côté de la plaque !

On relève, rien que dans notre quartier, deux facéties d’orthographe.

Challes. L’orthographe exacte de ce lieu-dit à Ceyzériat est bien CHALLES. On relève cette écriture dès le XIIIe siècle, la tour de Challes est bien orthographiée ainsi sur la carte de Cassini. Aujourd’hui on trouve sur les cartes chemin de Schall, sans doute un germanophile des années 80 aura-t-il trouvé cela plus chic ! Dommage car la référence historique s’est perdue.

Léchères. C’est sans doute le même germanophile qui a sévi, car la rue du Colonel  et du Général Léchères est devenue, la rue du Général (eh oui on a perdu le colonel !) Leschère. Tous les GPS l’indiquent orthographiée de cette manière. Trop tard pour revenir en arrière, notre aïeul doit se retourner dans sa tombe.

vendredi 26 février 2016

Maurice Pézard - archéologue

Maurice Pézard nait à Reims en 1876. Orphelin à 12 ans il arrive à Bourg en Bresse dans la famille de sa mère, dans ce milieu cultivé il développe son goût pour le beau. Il étudie l’archéologie et dès 1900 suit des cours d’épigraphie orientale. En 1903 il est diplômé en phénicien et assyrien. Il étudie la philologie classique et notamment l’hébreu. En 1909, il est appelé à collaborer à la délégation scientifique en Perse pour le musée du Louvre pendant 3 années il fouille à Suse et publie un mémoire sur ses trouvailles. Après la guerre, il s’intéresse à l’Orient médiéval  et publie un ouvrage magistral : La céramique archaïque de l’Islam et ses origines. En 1919 il est nommé attaché au Musée du Louvre.
En 1921, il est désigné pour prendre la direction de la recherche et de l’exploitation du site de Kadesch en Syrie. Il mettra à jour la stèle de Seti Ie et le tombeau de Tell Nebi Mend, une mine archéologique de premier ordre.
Une laryngite mal soignée le contraint à se retirer dans la petite maison familiale du Mont-July, il y meurt le 6 octobre 1923.

Le Louvre a gravé le nom de Pézard sur la plaque de marbre des pionniers et des martyrs de la science.

Remerciements à François Dupré, son descendant, pour nous avoir fourni ces informations.

mercredi 10 février 2016

Hubert Rollin - héros de 14-18


Hubert Rollin est né à Ceyzériat en 1893, il était le fils aîné de mes arrière grands-parents Louis et Fernande Rollin.
Après des études secondaires au lycée de Bourg, il se destinait à une carrière de notaire suivant en cela son père et son grand-père.
Il a été mobilisé en août 1914 au 99e régiment d’infanterie. Comme tous les hommes de son régiment, il pensait aller à Belfort puis marcher victorieusement sur Berlin. Le 18 août 1914, il est arrivé au village de Blancherupt (Bas Rhin) ; le 19 août après être passé par le village de Wildersbach, la compagnie a monté la montagne nommée « le champ du feu ». Une contre-attaque allemande a contraint la compagnie à battre en retraite et c’est le 20 août 1914 que mon grand oncle Hubert Rollin est mort sous le feu des obus à balles Scrapnel sur la commune de Bellefosse.
Mes arrière grands-parents ont attendu leur enfant jusqu’en 1920, ils n’ont jamais retrouvé son corps. Ma grand-mère m’a raconté qu’un homme avait usurpé son identité afin de bénéficier d'une permission. L’attente, l’espoir, le désespoir et une profonde détresse ont accablé ses parents durant 6 ans.
Le choc traumatique et les répercussions psychologiques sur les membres de ma famille ont certainement contribué à façonner l’histoire familiale.

Sophie Rollin-Bousquet

Le monument aux morts de Ceyzériat porte son souvenir.

NDLR : La rue du Docteur Camille Rollin porte le nom du père de Sophie Rollin-Bousquet.

La famille Rollin a occupé la maison de la tour de Challes jusqu’en 2003.

samedi 4 octobre 2014

Clos de Mont-July

Histoire de la propriété du Clos de Mont-July

Philippe Protat est fils d’un propriétaire-récoltant de Chasselas, il épouse Françoise Genoux issue elle aussi d’une famille de vignerons de St Clément-les-Macon. Philippe Protat est négociant en vins. En 1877, ils font l’acquisition du buffet de la gare de Bourg en Bresse, une opportunité pour le couple, ce sont les débuts du chemin de fer et Françoise voit déjà le potentiel d’exploitation de cette concession. De dures années de labeur donnent au couple une aisance qui va leur permettre de s’offrir une propriété viticicole, le rêve de ces deux enfants nés dans le milieu de la vigne.


La propriété du Mont July entre donc dans la famille en 1895. Elle est achetée par Philippe à un cousin éloigné du nom de Marie-Jérôme Ponthus. A l’époque la propriété comporte : une grande maison d’habitation, une écurie, une remise, de grandes caves, un tinailler* avec un pressoir à roue et six cuves et 3 hectares et demi de vignes en friche à la suite au développement du phylloxera entre 1870 et 1880.

Le couple s’attaque avec énergie à la reconstitution de ce vignoble. En 1898 tout est replanté moitié en plants du pays (mettie, chintuau, gouan, mornant…) moitié en greffes et porte-greffes issus de la région de Pouilly-Fuissé. Deux hectares sont rachetés au fil des années.

Début XXe la propriété produit un vin de qualité, chardonnays et aligotés s’étant bien acclimatés sur les coteaux du Revermont. Le buffet de la gare permet à Françoise Protat d’écouler une partie de sa production de vin et de nombreux colis contenant bouteilles, volailles, grenouilles et produits locaux sont expédiés vers la capitale.
Philippe Protat meurt en 1905, Françoise Protat poursuivra seule l’exploitation jusqu’à sa mort en 1912.

Des trois filles Protat, seule Marie-Antoinette, épouse Léchères s’en occupe. 
La Première guerre mondiale réquisitionne la main d’œuvre et lui ravit son époux le colonel Léchères qui meurt à Verdun en 1916. C’est désormais, seule que Marie-Antoinette reprend tant bien que mal le flambeau et poursuit l’exploitation du vignoble jusqu’aux années 50. A sa mort en 1952, le vignoble périclite, bois et prés reconquièrent le territoire.
Ses deux fils le Général Léchères et le capitaine Philippe Léchères décident de garder cette maison de famille. Le Général retenu à Paris pas de hautes fonctions laisse la maison à son frère Philippe qui l'occupera vers les dix dernières années de sa vie soit jusqu'en 1986.

En 1994, Antoine et Marie Lefébure reprennent la maison et la réhabilitent. De lourds travaux sont entrepris pour lui donner le confort actuel.

En 2011, lors des journées du patrimoine de Ceyzériat, la maison est ouverte aux habitants du village et on y fait théâtre et musique. Cette séquence est consultable sur Youtube.


Le passé viticole

Les vendanges au XIXe siècle

Les vendanges, se déroulent habituellement aux mois de septembre et d’octobre. Elles correspondent à la récolte (exclusivement manuelle au XIXe siècle) du raisin servant à la production de vin, mais aussi, par extension, au foulage des vignes et au transfert du jus dans les bouteilles, tonneaux ou cuves. Dans de nombreuses régions elles constituent un point privilégié du calendrier des travaux agricoles et, plus largement, un moment important de la vie rurale. Occasion de travail en famille et en commun et dernier épisode important de la saison agricole, elles sont en effet associées à de nombreuses fêtes et coutumes villageoises autour du vin nouveau.
Le nombre de vignes augmente considérablement en France au XIXesiècle, qu’il s’agisse de petites surfaces cultivées par des familles qui vendront leur raisin (ou leur vin) à des coopératives pour compléter leurs revenus (dans la très grande majorité des cas) ou de plus grandes exploitations (de plus en plus au cours du siècle). Les vendanges, dont le déroulement évolue peu au cours du siècle (très rares sont les cas de « modernisation » dans ce domaine), concernent ainsi une assez grande partie des acteurs du monde rural. En effet, même si l’on ne possède pas toujours de vignes, on peut aider à ce moment d’autres personnes en exploitant, ou du moins participer aux célébrations diverses liées à l‘occasion.


Les enfants aux vendanges

Dans une société profondément chrétienne et rurale, les congés scolaires s’alignaient sur les jours fériés pour fêtes religieuses et sur les périodes de gros travaux des champs, pour lesquels tous les bras disponibles étaient nécessaires, ceux des paysans comme ceux des élèves. Ainsi,  dès 1800, les grandes vacances  se terminaient le 20 septembre. Ces vacances correspondaient à l’aide que les enfants devaient apporter lors des vendanges et de la moisson. Ces 10 semaines de congés accordées en été exauçaient les vœux des populations paysannes.
(photo vers 1900, ©Clos de MontJuly)

Les vendanges au Clos de Mont July

Les vendangeurs sont payés à la journée. Les vendangeurs sont nourris par le propriétaire exploitant. Le Clos de Mont July possède toujours son four à pain qui nourrissait la trentaine de vendangeurs qui redescendaient des coteaux au son de la cloche pour le repas de midi.

Sur la photo on voit que la moindre parcelle de terrain est exploitée en vignes. (1900 ©Clos de MontJuly)

Antoine Léchères - héros de 14-18

Antoine Léchères, né à Cluny en 1860, reçu à St-Cyr en 1880, entre dans la promotion des Kroumirs (infanterie de marine). En 1882 embarque à Brest pour la conquête de l’Indochine dont il revient en 1890. Il quitte la coloniale, épouse Marie-Antoinette Protat, est promu Capitaine en 1891, puis Lieutenant-colonel en 1911 à Rouen.

Le 2 août 1914 il prend le commandement du 239ème RI. Il est nommé Colonel en avril 1915 à la tête du 88ème RI (bataille de la Marne). Il prend ensuite le commandement du 110ème RI à Verdun.

Quatre citations, quatre blessures de guerre, Commandeur de la Légion d’Honneur, mort à Verdun le 3 août 1916 frappé d’une balle en pleine poitrine en reprenant à la tête de son régiment la station de Fleury devant Douaumont. 

Le monument aux morts de Ceyzériat porte son souvenir.


André Rive - héros de 14-18


André Rive est né à Belley en 1876. Doté d’une nature vive, généreuse, ardente, pas toujours facile à gouverner, ayant le sens aigu du juste et de l’injuste, il fit de brillantes études et sortit de l’école Saint-Cyr pour devenir officier de cavalerie.
Très attaché à sa région, au fond des tranchées il pensait aux coteaux de MontJuly où il aimait tant se retrouver dans la maison de ses parents. Avec courage il demanda en 1915 à passer de la cavalerie à l’infanterie, aux postes les plus exposés où beaucoup de ses soldats, qui l’appréciaient comme chef, le suivirent.
C’est avec un mélange d’autorité ferme et de bienveillance presque paternelle qu’il emmena ses hommes au combat : poignant échange de sentiments entre le chef et le soldat qui crée la force morale de l’armée. Animé d’une foi profonde dont il ne rougissait pas, il écrivait à sa mère en 1915 : « Priez Dieu pour que moi aussi j’aie la force, le courage énorme qu’il faut pour conduire des hommes quand on les mène à la mort. Quelle responsabilité envers ces hommes, envers la patrie. »
Le Capitaine André Rive est mort en entrainant sa compagnie pour prendre d’assaut les positions que les Allemands occupaient en face de Ville-sur-Touche. Ses hommes mirent 3 semaines à le retrouver après son décès, au péril de leur vie car il était tombé à deux pas des tranchées allemandes. Il gisait, le sourire aux lèvres, son chapelet entre les mains, à ses pieds un petit drapeau que réclamèrent ses soldats.

En 1920, la croix de la Légion d’honneur fut attribuée à la mémoire du Capitaine André Rive cité, pour la 2ème fois à l’ordre de l’armée dans les termes suivants : « Officier de caractère magnifique, passé sur sa demande dans l’infanterie. A été tué en entrainant sa compagnie à l’assaut en avant de Massiges le 23 septembre 1915. »

Le monument aux morts de Ceyzériat porte son souvenir.

Article réalisé par Michèle Brun sa petite nièce à partir des archives familiales.

Le Revermont

Premiers contreforts du Jura, le Revermont est un massif de calcaire dur infiltré par les eaux de pluie qui ont creusé des cavités et des grottes. A l’ère tertiaire, la mer a déposé une argile rougeâtre, la molasse. La terre est pauvre, le climat sec en été rend l’agriculture difficile sauf dans les portions couvertes d’alluvions. Les premiers hommes se sont installés entre la roche de Cuiron et la roche de Solutré en Maconnais, surveillant la plaine, point de passage des gibiers et des hommes. Au sol on trouve des » murgers » , longs tas de pierres formés par le rejet des cultures ou utilisés comme murs d’enceintes.
La vigne a toujours été cultivée sur le Revermont. Aux Conches a été retrouvée une statue gallo-romaine de Bacchus.

Les villages ont des maisons hautes en pierres, avec la cave au rez-de-chaussée « les cavets »au-dessous de l’escalier extérieur qui aboutit à un balcon.

vendredi 3 octobre 2014

Origine du nom Mont-July

Au XIIIe siècle, les fiefs et propriétés bourgeoises s'appelaient des Mas.
A Mont-July, les Mas de la Gélière désignait la propriété de Monsieur de la Gélière que l'on traduisait en patois: Le Mas de Mons Géli. Ceux qui eurent à écrire ce nom, curés, notaires d'après ce qu'ils entendaient marquaient "Montgely" en 1437, puis "Mongelié". 
C'est Samuel Guichenon qui pour la première fois écrivit Mont-July en deux mots. Ce qui amena certains à faire un rapprochement avec "Jules" César, d'autant qu'ils transformaient sans peine Cesiria en César. L'abbé Gringoz parle d'un moine évangélisateur, Julien ou Jules, réunissant dans cette appellation montagne et hameau, or la montagne s'est de tout temps appelée Cuiron ou Coiron en patois mais jamais Mont-July.

Nous admettrons avec Julien Manissier que le nom du hameau de Mont-July vient de la Gélière et non de Jules ou Julien.

ill : La place du Mont-July par le peintre Barillot