vendredi 20 novembre 2020

Histoire de la maison Albertin

Cette propriété également appelée château de Montaplan est très représentative des constructions de qualité qui émaillent le Montjuly. C’est en 1850 qu’une première maison a été construite et le parc aménagé. Fleuron du parc, la terrasse aux trois rangées de platanes et la belle allée cavalière plantées de tilleuls qui conduit à  un gracieux pavillon.

Il est intéressant de noter que ces deux éléments se retrouvent dans d’autres propriétés  du hameau. Grâce aux sentiers et chemins qui sillonnent le Montjuly, habitants et visiteurs peuvent apprécier ce type de plantations qui remontent à près de deux siècles.

En 1886 (date inscrite au fronton), la propriété est sérieusement agrandie par Louis Rollin, avocat à Bourg et mari de Camille Gallard, fille d’un riche propriétaire de plantations de canne à sucre en Martinique. Louis Rollin, un bressan, est un homme avisé, il connaît bien sa région et son passé viticole. En cette fin XIXe, la situation économique est difficile pour les vignerons qui ont subi les attaques successives de phylloxera dès 1864, l’activité viticole a été réduite et la main d’œuvre est sans travail. Aussi, Rollin voit-il là une opportunité. Les Gallard vont importer le jus de canne à sucre au Montjuly, non pas parce que l’esclavage a été aboli mais parce que le climat rend l’opération de distillation délicate sur place et qu’une partie du jus s’évapore en raison de la chaleur. L’arrivée du  « vin de canne » se fait donc dans les meilleures conditions. Un personnel actif travaille dans les caves de la propriété dans lesquelles subsistent encore quelques installations, futs et alambics. 

Une bonne partie de la production est aussitôt mise en bouteille, mais pour disposer de futs, il faut s’agrandir. Camille Gallard achète la propriété mitoyenne de la sienne (actuelle maison Aroud) et fait construire une belle galerie à colonnes, tout à fait dans le style des villas coloniales antillaises. Le rhum Gallard connaît un réel succès et bientôt deux autres bâtisses sont rachetées juste en face, une cave et une maison  (actuellement rue du Général Léchères). La production de rhum prend fin dans les années 30.

La maison est ensuite reprise par leur fille Jeanne qui épouse le colonel Cuinet. Une génération plus tard, leur fille Madeleine Cuinet épouse Robert Aroud ils lègueront à leur fille Mériem la propriété qui deviendra Albertin quand elle épouse Nick Albertin, petit-fils de Joseph Albertin, maire de Bourg-en-Bresse. Aujourd’hui la maison appartient à leurs cinq enfants en indivision.







La terrasse de platanes









l'allée de tilleuls.

mardi 17 novembre 2020

Le hameau de Montjuly classé remarquable

La mairie de Ceyzériat se préoccupe de l'environnement de la commune. Pour ce faire elle a fait appel à une agence d'urbanisme (2BR à Lyon) afin de faire un état des lieux et d'avoir des recommandations sur la conservation des richesses patrimoniales et les orientations de développement du village. 
Cette étude est disponible dans son intégralité sur le site de la mairie. J'ai pris la peine d'en extraire une partie afin de souligner les points essentiels pour la conservation du Montjuly qui a été identifié comme un hameau remarquable de Ceyzériat. 

Préserver et entretenir les bâtiments remarquables :
• Répertorier et protéger les éléments bâtis à fort intérêt paysager ou patrimonial.
• Si possible, maintenir un espace de vie et de préserver les perspectives autour des monuments.
• Les faire découvrir, ainsi que leurs spécificités, aux touristes comme aux habitants.

Sauvegarder et entretenir le petit patrimoine :
• Lister et cartographier le petit patrimoine présent sur le territoire communal.
• Entretenir ces éléments et les restaurer si besoin.
• Continuer leur valorisation au sein d’espaces publics identitaires.
• Lorsque c’est possible, maintenir des zones de respiration non bâties autour de ces constructions.

Protéger les centres historiques du bourg ainsi que des hameaux :
• Repérer et préserver les caractéristiques architecturales ou historiques des centres anciens. S’en inspirer pour les réhabilitations.
• Maintenir la qualité et l’unité de ces zones urbaines et en particulier les espaces publics qui les composent.
• Valoriser ces secteurs touristiques par un parcours historique ou des panneaux explicatifs.
• Edicter des règles de constructions adaptées au maintien du caractère pittoresque des lieux.
• Préférer restaurer les habitats des centres plutôt qu’ouvrir à l’urbanisation de nouveaux quartiers.
• Maintenir les petits espaces publics favorisant la vie sociale et valorisant le petit patrimoine.
• Etudier l’intégration de tout élément exogène rapporté.
• Eviter l’implantation de construction en contact direct avec ces quartiers pour préserver leur silhouette dense et authentique.


Cette icône indique les endroits à préserver.

dimanche 15 novembre 2020

Nouveau PLU

En février 2020, Ceyzériat a vu son PLU remanié. La nouvelle mouture est favorable au Mont-July qui, d’après une étude réalisée par des urbanistes,  a été classé comme zone au patrimoine bâti et naturel intéressante et donc à préserver.

Les sites à caractère patrimonial et les éléments du patrimoine vernaculaire (fontaine, calvaires, statues…) seront désormais préservés. Ils sont indiqués par une étoile sur le plan ci-joint.

Les parcs et jardins des grandes propriétés du Mont-July passent en zone verte (NP), donc classés Zone naturelle ils sont désormais non constructibles.

La couleur ocre (UB) indique la zone résidentielle. Le rouge (UA) : hameau historique.  Le blanc (A)  :zone agricole.

Eléments remarquables pour le hameau historique :

*1 : La fontaine

*2 : La croix du Vanon

*3 : La vieille maison du Mont-July

*4 : La rue du Pressoir

*5 : Le Clos de Mont-July

* 21 : Le lavoir

* 22 : La maison Chapon

mardi 10 novembre 2020

Les panneaux de rue à côté de la plaque !

On relève, rien que dans notre quartier, deux facéties d’orthographe.

Challes. L’orthographe exacte de ce lieu-dit à Ceyzériat est bien CHALLES. On relève cette écriture dès le XIIIe siècle, la tour de Challes est bien orthographiée ainsi sur la carte de Cassini. Aujourd’hui on trouve sur les cartes chemin de Schall, sans doute un germanophile des années 80 aura-t-il trouvé cela plus chic ! Dommage car la référence historique s’est perdue.

Léchères. C’est sans doute le même germanophile qui a sévi, car la rue du Colonel  et du Général Léchères est devenue, la rue du Général (eh oui on a perdu le colonel !) Leschère. Tous les GPS l’indiquent orthographiée de cette manière. Trop tard pour revenir en arrière, notre aïeul doit se retourner dans sa tombe.

mercredi 21 février 2018

Le lavoir de Challes retrouve son intégrité

Merci à la mairie de Ceyzériat qui a finalement décidé d'ôter le vilain panneau de stationnement interdit qui défigurait le lavoir, nous nous en étions plaints dans un post précédent (2014), il suffit donc d'être patient.

Nous recommandons toutefois aux automobilistes de ne pas se garer le long du lavoir car ils gênent ceux qui tournent vers l'impasse de Schall.



A noter que l'on doit écrire Challes et non pas Schall, sans doute une facétie d'un employé du cadastre fasciné par l'allemand.

Vues du vignoble du Mont-July




Les côteaux du Mont-July à différents moments de juin à fin septembre, vignoble exploité par Le domaine de la Bélière






dimanche 26 mars 2017

Un auteur du Mont-July


Antoine Lefébure, habitant du Mont-July depuis 25 ans, profite du calme de notre village pour mener à bien ses recherches et rédiger ses livres.
Vient de sortir aux éditions Tallandier, son dernier livre intitulé : Conversations secrètes des Français sous l'Occupation (mars 2018).

Lors de recherches aux Archives Nationales, Antoine Lefébure découvre un ensemble de documents encore inexploités. Des milliers de lettres et d’échanges téléphoniques interceptés pendant la Seconde guerre mondiale sont entassés là, nous révélant, à travers ces conversations privées, la vie quotidienne des Français mais surtout, un aspect jusque-là secret de l’époque, celui d’un organisme au nom banal « Service des Contrôles Techniques » mais aux effets redoutables.
5000 fonctionnaires mobilisés par Vichy vont, quatre années durant, ouvrir le courrier et écouter les conversations téléphoniques. Si Darlan a organisé cette armée d’espions, ce sont Laval et Bousquet qui en font un outil de surveillance et de répression infaillible. Révélation incroyable que l’existence de ce service dont l’analyse nous donne un éclairage nouveau sur l’organisation du régime, les contradictions de la collaboration, la persécution des Juifs et les difficultés de la Résistance…

Historien, spécialiste de l’usage des technologies de communication, Antoine Lefébure explore depuis 30 ans les relations complexes entre pouvoir politique, information et les outils qui les servent. On lui doit l’histoire de la première agence de presse, Havas, (1992) et plus récemment L’affaire Snowden, toute information est-elle bonne à révéler ?

On lui doit une dizaine de publications.

Si vous souhaitez faire dédicacer votre exemplaire de Conversations secrètes sous l'Occupation, Antoine Lefébure organisera une signature à la Librairie du Théâtre à Bourg-en-Bresse le vendredi 15 juin 2018 de 17h à 19 heures.